Dernière mise à jour août 2026.
De Tréguier à Saint-Brieuc on commence généralement par faire le détour de Pontrieux. L'itinéraire direct entre Tréguier et Lézardrieux n'est pas intéressant parce qu'il s'effectue sur la route. L'itinéraire côtier par le Sillon de Talbert est très long. Après Tréguier, un itinéraire intéressant consiste à rejoindre Pontrieux par le Château de la Roche-Jagu. De là, on peut rejoindre la chapelle de Kermaria-an-Isquit en Plouha, soit par Paimpol puis le GR34, soit par Tréméven et Lanleff en suivant une variante du GR34.
Cette première étape relie Tréguier à Pontrieux en 18 km. De la sortie de Tréguier au château de la Roche-Jagu, on suit surtout des sentiers, notamment au bord de l'Anse de Pouldouran, au bord du Ruisseau du Moulin de Bizien et dans le Bois de Boloï. Après la Roche-Jagu, ce sont surtout des petites routes qui conduisent à Pontrieux.
Balisage jaune presque tout du long jusqu'au Château de la Roche-Jagu. Ensuite, pas de balisage jusqu'à Pontrieux.
À voir en chemin : chapelle de Traou Meur, chapelle Saint-Nicolas (privée), Pouldouran, Pierre de saint Yves, château de la Roche-Jagu.
La cathédrale de Tréguier a été bâtie au XIVe siècle sur un genre d'éperon rocheux au confluent du Jaudy et du Guindy. Le chantier de l'édification de la nef a subi plusieurs interruptions pendant la guerre de Succession de Bretagne. Ceci explique la variété des styles de la nef qui constraste avec l'unité du choeur, construit postérieurement, à la fin du XIVe et au début du XVe siècle.
Le gisant du duc de Bretagne Jean V date de 1947. Il remplace l'ancien tombeau jeté dans le Jaudy en 1794. Capturé lors d'un guet-apens en 1420, le duc Jean V avait fait voeu d'élever un tombeau et une chapelle à saint Yves et d'être enterré dans la cathédrale de Tréguier. Le duc avait financé les travaux en donnant l'équivalent en argent de son poids en armure. Comme l'ancien tombeau du duc et tout le mobilier de la cathédrale, l'ancien tombeau de saint Yves édifié par Jean V avait été détruit en 1794. Le nouveau tombeau a été achevé en 1889.
Un minihy c'est un domaine ecclésiastique bénéficiant d'exemptions et de privilèges. Il est difficile de dater un minihy. Le cartulaire de Redon permet d'affirmer qu'il en existait à l'époque carolingienne. Le plus récent est peut-être celui mentionné dans une charte de 1202: Alain de Goëlo donne aux chanoines de Beauport l'île de Saint-Rion "pour qu'elle soit un minihi". Mais dans ce cas, comme sans doute aussi à Bourbriac, le minihy pouvait exister avant sa création. Comme pour celui de Saint-Pol de Léon et de Saint-Malo, il est très probable que celui de Minihy-Tréguier a été fondé au Haut-Moyen-Age, peut-être au 6ème siècle du temps de Tugdual. Saint-Yves y est né en 1253. La chapelle qui portera plus tard le nom d'église Saint-Yves existait déjà du temps de saint qui lui a légué par testament en 1297 une partie de son argent. Depuis cette époque elle a subi de nombreuses transformations. Le clocher mur est du 19ème siècle.
On appelle souvent tombeau de saint Yves le monument du milieu du 15ème siècle qui se trouve dans le cimetière près de l'église Saint-Yves. Les pèlerins passent parfois sous l'arche pour se mettre sous la protection du saint. Il s'agit en fait de l'ancien autel de l'église qui a été remplacé vers 1860. Lors de son transfert on l'avait placé sous une petite chapelle représentant le cénotaphe des parents de saint Yves.
Une petite route près du bourg de Pouldouran est bordée d'un talus en pierre où des encoches laissent pousser des arbres. En fait, une allée d'arbres a été plantée là il y quelques dizaines d'années. Plus tard, quand on a construit le talus, on a respecté les arbres en faisant des encoches dans le talus. Plus récemment, des merisiers greffés en cerisiers ont été plantés dans les encoches. C'est ainsi qu'on dit que les merles sont plus heureux ici. Espérons que les cerisiers vivront longtemps parce que comme dit le proverbe de la commune voisine: "Pa ne vo ket ken babie trogeri e vo kerse evit ar mouilc'hi", ce qui veut dire: "Quand il n'y aura plus de cerises à Troguéry la vie sera dure pour les merles".
Alors que le côté nord du château domine les bords escarpés du Trieux, le côté sud donne sur une large esplanade qui tend à faire oublier la vocation militaire du château. Des seigneurs de la Roche-Jagu sont mentionnés aux XIIe et XIIIe siècles. Un premier château pouvait exister dès le XIe siècle. Il devait avoir la forme d'une motte surmontée du tour. Par la suite, un second château a été érigé. Les départs de murs qu'on aperçoit toujours aux extrémités de l'actuel corps de logis, sont sans doute ceux de l'enceinte du XIVe siècle. Au cours de la guerre de Succession de Bretagne, le château est pris par le parti de Montfort et démantelé. En 1405, Catherine de Troguindy, veuve d'Henri du Parc depuis 1390, obtient du duc Jean V le droit de «faire redifier son chasteau qui avoit été desmoly durant la guerre d'Auray a la charge que le duc y auroit toujours son entrée libre sans empeschement de ladite Catherine». C'est elle qui a fait construire le château que nous voyons aujourd'hui.
Références